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Mardi
07 au Samedi 11 Septembre : Une dernière nuit à terre histoire de
charger les batteries à bloque et je mets les voiles par un bon NW. Ca
défile. Dernière tentative de pêche à la traîne au cas ou un saumon
souhaite finir le restant de ses jours dans ma poêle à frire, sans
succès.
Au
large de la côte Norvégienne bon nombre de cargos défilent. A la tombée
de la nuit un énorme halo éclaire l’horizon, serait ce là les portes de
l’enfer ? Je croise ainsi mes premières plates-formes pétrolières
impressionnantes structures lacustre surmontées d’une torchère, défiant
la mer et ses humeurs. Un air de la « cité des enfants perdus » Un chien
de garde rode autour, navire pick-up bien motorise.
Comme
annoncé par la météo le vent tombe et sous un soleil radieux j’affale
toute la toile et m’octroie quelques heures de sommeil.
Le
vent passe au sud et je modifie le cap sur Inverness. Le temps devient
maussade, les gardes côtes annoncent la venue prochaine d’un coup de
vent de SW. Finalement le temps sera clément jusqu'à Aberdeen. Je fais
escale le temps de prendre une météo sur internet et de roupiller
quelques heures. Les nappes de mazout et les quais de 5m de haut ne sont
pas très engageant pour une escale prolongée. J’enchaîne donc sur la
dernière traite vers Edinburgh dans un brouillard à couper au couteau.
Pas très rassurant. Arrivée dans l’estuaire, le vent se lève pour de
bon. Finish dans un bon 7 au près. Les yeux cernés de sel autant que de
fatigue j’amarre enfin Esquina à port Granton.
Dimanche 12 au Mardi 14 Septembre : Je retrouve Pierre d’Écosse et
Sheena qui me réservent un accueil inoubliable. Étrange de retrouver
Edinburgh après ces quelques années. Mais les repères sont vites
retrouvés. Le temps de quelques chaleureuses soirées qui me permettront
de revoir les amis de là-bas autour d’une bonne pinte de « Eighty
Shilling ».
Mercredi 15 au samedi 18 Septembre : La route est encore longue avant de
retrouver la famille à Dunkerque pour le 26 septembre. En résumé c’est
le rush vers le sud entre les dépressions. La météo annonce un léger
mieux, départ vers Eyemouth. L’arrivée se fait au surf entre les rochers
qui bordent l’entrée du port. A la dernière minute je réalise que la
houle venant du Nord monte dans l’entrée du chenal et brise dans un long
rouleau. Le chenal est moins large que la longueur d’Esquina, pas le
droit à l’erreur. Plein gaz je tente ma chance entre deux rouleaux, ça
passe …. Ouf !
Le
charmant capitaine du port me réserve son meilleur accueil (comme à tous
les navires de passages d’ailleurs). Et me fait part de son expérience
sur la descente de la côte Est de l’Angleterre. Cette zone est truffée
de bancs de sables aux positions aléatoires.
Après
deux jours de coups de vent je mets le cap sur Blyth. Des gens du Yacht
Club se mettent en quatre pour m’aider à rassembler les informations
nécessaires au passage du Wash et de l’estuaire de la Tamise. Je
constate qu’une fois de plus c’est en étant dans le pétrin que l’on voit
la gentillesse des gens. Merci à eux.
Dernière étape jusqu'à Hartlepool, avant les bancs de sable par une
belle journée.
Dimanche 18 au vendredi 24 septembre : Attente, je ronge mon frein, les
avis de coups de vent du SW se succèdent ne me laissant guère le choix
sur la décision à prendre… Dimanche, lundi, mardi,… le temps passe et je
commence à sérieusement douter de mon arrivée dans les temps. Je visite
un peu les musées, fais le plein de sommeil. Je reprends une météo, le
vent ne faiblit pas mais semble vouloir enfin passer à l’WNW. OK on y
va. Ça piaule mais c’est dans le dos. Je prépare le troisième ris et la
petite trinquette. Pas de bon port avant Lowestoft dans quelques 180
miles. Un peu tendu, passage de l’écluse, et puis c’est parti. Au fur et
mesure que l’on s’éloigne de la cote les vagues déferlantes prennent de
la puissance. Esquina part au surf, surtoilé dans les rafales. 7 établi
avec rafales à 8, ça pète ! La VHF annonce un avis de force 9, l à ca
risque de devenir un peu trop sauvage pour nous. Je longe la cote en
descendant vers la rivière Humber, pour garder l’abri du rivage.
Finalement le 9 ne sera pas pour nous. Le vent tombe un peu et je
traverse le balai incessant des cargos qui vont à Middlesborough, dans
la rivière Humber,… Pas question de fermer les yeux plus de 10 minutes.
Ensuite je m’engage dans les bancs de sables. Le vent reprend un peu
mais pas plus de 7, abrité par les hauts fonds, la mer n’est pas forte.
Pause à Lowestoft où je dors 4 heures le temps de la renverse de
courant. Ensuite c’est la traversée de la Tamise, nouveaux bancs de
sable, nouveaux cargos, le vent monte mais ça passe. J’atterris à
Ramsgate, lessivé, mais bon cette fois-ci j’ai bon espoir d’être à
Dunkerque dans les temps, je préviens la famille et dors une bonne nuit.
Dernière navigation avant le retour en France. Le force 4 ou 5 annoncé
se transforme en un bon 6 du NW. Je contourne les bancs de Goodwin et
entame la traversée du rail. Les cargos ne sont pas au rendez-vous, j’en
croiserais à peine 4 ou 5. Pour cette dernière traversée, je garde
Esquina surtoilé et reste à la barre. Quelques paquets de mer
embarquent. Après 10 heures de barre bien physique, j’embouque le chenal
de Dunkerque et amarre Esquina. Je retrouve Gerald un Suisse rencontré
en Norvège, il me sert des pains chauds avec du camembert accompagné
d’un petit rouge. C’est le retour au pays !
Samedi 25 Septembre au Mardi 28 Septembre : Les parents, les frères et
sœurs et leurs conjoints, mes adorables petites nièces arrivent et
m’annoncent beaucoup de bonnes nouvelles. Je suis sur un nuage.
Surprise, 3 bons lascars débarquent à l’improviste (Jef, Nico et
Rodolphe).
Ça
discute, ça rie, ça braille, ça vie, bien content de les voir tous là.
Mercredi 29 Septembre au Vendredi 1 Octobre : Pour cette dernière
traversée 2 équipiers de choc embarquent, mon père et Jef. Équipage
hétéroclite qui nous vaudra bien des fous rires. Première partie de la
traversée sans vent jusqu'à Ouistreham. Jef au large de Boulogne décide
de piquer une tête. Arrêt du bateau, et voilà notre otarie entrain de
faire le tour du bateau.
A
Ouistreham petite soirée sympathique avec des amis du pays. Vendredi le
vent se lève enfin. Départ à 4 heures du mat pour prendre la première
écluse et nous arrivons le vendredi soir à Cherbourg. Terminus du
périple. Il reste 15 jours pour la remise en état d’Esquina, avant de
reprendre le boulot.
Tout
cela ne sera bientôt plus qu’un rêve.
CONCLUSION
Remerciements :
Mes
parents pour leur aide et leur soutient inconditionnel très apprécié
lors de la remise en état du bateau ainsi que lors du convoyage vers
Bordeaux.
Christian : Le webmaster ou l’homme de l’ombre ! Sans lui ce site ne
serait pas ce qu’il est (si tant est qu’il ait existé…). N’hésitez pas à
lui faire par de vos commentaires à l’adresse suivante :
cbenacer@hotmail.com
. De plus si l’ergonomie industrielle vous intrigue, enlevez le
« /esquina.htm » à l’adresse du site, et cette activité n’aura plus de
secret pour vous.
Les
amis qui m’ont prodigués nombres de bons conseils sur la préparation du
bateau, les cartes, la pharmacie, le matériel…
Les
amis et famille qui m’ont aidés pour l’approvisionnement en nourriture,
en cartes…
Les
amis venus me rejoindre en cours de route...
Et
enfin tous les gens rencontrés sur le parcours, sans qui ce voyage
n’aurait pas été complet.
Quelques remarques sur le voyage :
Esquina :
bateau idéal rapport
budget/périple. Si ce n’est pas un bateau de petit temps, j’ai eu tout
le loisir d’en apprécier les qualités marines lors de la descente de la
mer du nord. Pas de gros pépin en cours de route à signaler. En bref un
bateau solide et réconfortant quand la capacité de veille est limitée et
les conditions météo peu engageantes.
La météo :
principalement les bulletins de la BBC, la VHF et les deux sites
ci-après :
www.theyr.net
www.boatshed.com
(cliquer sur le lien « weather »)
Toujours très attentif sur les bulletins météo avant de prendre la mer,
j’ai évité la plus part des pièges. Un bon coup de chance a complété le
reste.
L’approvisionnement : les cartons de nourritures sortis à l’arrivée a
Cherbourg laissent envisager la possibilité d’un nouveau départ
immédiat ! La cuisine en solo reste un point noir, vive les plats
préparés en mer. Ensuite un complément de vivre frais lors des escales
et la pêche. Les bouteilles de vin sont une monnaie d’échange
intéressantes.
Le parcours :
Deux erreurs en ressortent, le tour de l’Islande dans le sens horaire et
l’excès de distance à parcourir en navigation côtière en solo sur un
temps aussi court. Idéalement j’aurais du faire un choix entre l’Islande
et la Norvège.
La solitude :
affaire de caractère.
Quelques visites de plus n’auraient pas fait de mal, mais difficile
d’organiser des passages d’équipages avec très peu de marge de manœuvre
et dans des conditions de navigation pas toujours clémentes.
Les
rencontres trop peu nombreuses à mon avis, difficile de naviguer 80% du
temps et de rencontrer du monde en même temps.
Que
vous soyez marin ou néophyte, si vous avez des questions n’hésitez pas à
contacter le matelot :
luc.toulemonde@caramail.com
Bon vent !
Luc
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