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2 juillet : A regret il me faut continuer
d’avancer et je quitte cette zone sans avoir pu mettre le pied à terre,
heureusement que la bibliothèque est complète… Le vent se calme
progressivement. Cap a l’Est. Au passage je salue fièrement le cap
Horn ! Il me le rend avec quelques bons paquets de mer à 8°C.
Température exceptionnellement élevée pour l’endroit. Nous voilà
maintenant dans l’océan arctique.
3 juillet : "Siglufjordhur" est un ancien centre
de pêche et de transformation du hareng. Le siècle précèdent y a vu une
activité florissante pour saler le poisson, mais aussi récupérer l’huile
pour la peinture et les cosmétique et la chair broyée et déshydratée
pour la nourriture de nos bovins. Surpêche ou changement de température
des eaux ? Le hareng n’est plus l’activité principale.
4 Juillet : "Grimsey", au Nord de l’Islande, mais
encore sous le cercle polaire contrairement a ce que je croyais. Ce sera
pour une autre fois. Le cercle polaire 66°40’ est défini comme étant la
limite où le soleil ne descendra pas sous l’horizon pendant 24 heures un
jour par an.
Depuis les feroes, la nuit et ses étoiles sont un
lointain souvenir, mais quelle plaisir de naviguer à n’importe quel
moment de la journée dans une ambiance lumineuse aux couleurs magiques.
Un couché-levé de soleil de 6 heures, quand les nuages ne s’en mêlent
pas de trop.
La cote ouest de l’île est le paradis des oiseaux, J’arrive enfin à
photographier quelques macareux, petit pingouin, fulmar boréal, sternes
arctiques, guillemot,…
Les macareux, peut-être informés de mes instincts
carnivores ne se laissent que difficilement approcher.
Rencontre de Carrick, fier navire québécois de 8,5
m (brise de mer). Charles et ses deux filles sont au retour d’un périple
de 15 mois du Canada à l’Italie, maintenant sur le retour via le
Groenland, avec biens des aventures en cours de route.
5 juillet : Après une bien agréable journée sous
le soleil de "Grimsey", a l’encontre de l’avis de l’équipage, le tyran
de capitaine décide de mettre les voiles, ou plutôt le moteur, direction
"Husavik".
En cours de route, des îlots non indiques sur la
carte apparaissent et disparaissent dans des geysers d’eaux, éruption
volcanique,…? Non des BALEINES ! Je m’approche un peu en maintenant une
distance respectable. Après quelques respirations le monstre (baleine a
bosse) s’enfonce à nouveau pour une apnée de 10 minutes et ressort au
même endroit, à 5 m du bateau, houpsss, impressionnant. Ensuite c’est un
ballet de dauphins à “bec blanc”, puis les marsouins, le tout dans un
splendide coucher de soleil, “nuit” inoubliable.
6 au 8 juillet : Escale à "Husavik". Coup de pouce
sur le lac "Myvhatn", où j’échange mon monocoque contre un bicycle. Dure
pour les jambes qui manquent d’exercices ces 2 derniers mois.
Je teste ce que le veéo a dans le ventre sur les champs de lave et de
scorilles. Visite des solfatares et des marmites de boues bouillantes,
puis de la fracture de Kafla, ou les dernieres coulees de lave ont eu
lieux dans les annees 80. Passage sur Herfell, jolie cratère vieux de
2500 ans. A la fin de la journée le veéo n’en peux plus et c’est avec
plaisir que je retrouve Esquina.
Je me renseigne un peu mieux sur les baleines, le
musée. J’ignorais qu’à l’origine ces mammifères terrestres s’étaient
adaptés progressivement au milieu aquatique. En témoigne encore quelques
os des membres antérieures et les os des nageoires étrangement
semblables à ceux d’une main.
Un bon nombre des espèces sont en danger, mais
d’après les scientifiques pas toutes, d’où de nombreuses questions sur
la poursuite ou non de la chasse. Pour l’instant, sous la pression de la
communauté internationale, l’Islande préfère renoncer à cette ressource
naturelle.
9 au 14 juillet : Escale à "Raurahofn, puis à
Vopnafjordhur". Je rencontre William, la cinquantaine, il a roulé sa
bosse en Amérique du Nord. Je lui parle de mon idée d’aller bénévolement
à la pêche à la morue avec un professionnel . Il affrète 3 bateaux pour
la pêche et me propose d’embarquer avec un des marins qui travaille pour
lui. Après quelques démêlés, dont un des pêcheurs déclarant forfait pour
cause de coup de soleil ! (véridique), j’embarque finalement avec
Stebbie (16 ans) et son père, pêcheur indépendant a Thorshofn sur un
bateau de 8 mètres. Avant de larguer les amarres nous embarquons de la
glace et quelques caisses en plastique. Direction le NO. Après une
demi-heure nous faisons un premier essai par 60 mètres de fond. Pas très
fructueux, nous essayons don différents endroits de la baie sans trop de
succès. La cabine enfumée, le capitaine à la barre, une bouffarde au
coin du bec, un oeil sur la route l’autre sur le sondeur, une moque de
café dans une main, la barre dans l’autre, nous continuons un peu plus
loin. Est-ce que je leur porte la mouise ?
Nouvel essai, le bateau en travers du vent à la
dérive, les 5 lignes composées de 5 hameçons sont envoyées par le fond.
Le nylon crépite en se déroulant. Une fois au fond les bobines
automatisees se mettent automatiquement dans un mouvement de va et
vient, 5 tours dans un sens 5 dans l’autre. Ça mord pas. Puis une
bobine s’enroule, le sourire de Stebbie ne laisse pas de doute quant à
ce qui se passe. La ligne remonte chargée de morue, d’un geste
automatique il les fait voltiger l’une après l’autre par dessus bord.
Les autres bobines s’enroulent à leur tour, la tension monte et
l’attente se transforme en frénésie. 3 lignes pour le père, une pour
Stebbie, une pour moi. Ca n’arrête pas de remonter. Sitôt la ligne en
haut, décrocher les morues et relancer aussi vite que possible. Puis
leur trancher la tête au niveau des ouies pour les saigner, les laver,
les trier pas le temps de chômer. Les morues, les hameçons ça
vole dans tous les sens. Gare aux doigts! La journée est belle et
ensoleillée mais le travail au fur et à mesure de la journée se fait
ressentir, pas question de relâcher le rythme. Ajoutez a cela la neige,
la mer agitée, le froid. Pêcheur d’Islande, un métier pour les braves.
Les morues sont vendues 1,5 à 2 euros le kilo, non vidées. Les plus
grosses font 6 à 7 kilos ! Mais en moyenne 2 ou 3 kilos.
En 8 heures nous remontons une tonne. Bonne
journée pour un temps aussi court… Habillé avec les cirés de William et
le teint halé, je ne tranche pas trop dans les apparences avec
l’équipage, mais bon une vie de métier nous sépare, et ça se repère vite
!
Splendide repas en leur compagnie le soir.
15 au 16 juillet : Direction Seydisfjordhur. Arrêt
en cours de route dans un petit port entouré des montagnes de rhyolites
(couleur rouge), énigme des géologues.
Seydisfjordhur, je prépare les vivres frais, le
plein de diesel pour la prochaine traversée.
Ce temps trop court en Islande sera un passage
inoubliable dans ce périple aux pays des vikings. En résumé et sans
beaucoup de recul, une chose est sur, le sens horaire pour faire le tour
était une erreur, vents dans le nez ou pétole (vent très faible), m’ont
obligé à faire la moitié du parcours au près, l’autre au … moteur, et
oui ! Un mois de plus, un mètre de plus (pour le bateau), un équipier de
plus ou le tour dans l’autre sens, c’eut été le paradis !
Les Islandais sont ultra réservés, difficile donc
quand on est parti pour un marathon d’établir des contacts avec les
locaux. Mais bon ! Les bateaux de passages (en sens inverse pour la
plupart…) auront complété le besoin social de l’équipage. Ceci dit, une
fois le contact établi les gens sont serviables et chaleureux, faut
juste casser la glace. Les paysages splendides et inoubliables, les
photos parlent mieux. Le tourisme comme partout s’est développé au grand
galop ces 20 dernières années. Le temps frais comme prévu, avec un
passage assez délicat sur la partie NO, mais sommes toute assez
ensoleillé. Une bonne année parait-il.
Bonnes vacances a ceux qui en prennent et à
bientôt pour de nouvelles aventures. Courage pour les autres.
17 au 25 Juillet : Départ de Seydhisfordjur, à
22h30, jour ou nuit quelle différence ? Le vent est faible et s’établie
progressivement au NNE. D’après les prévisions météo, j’ai 4 jours de
temps correcte, après, Insh’Allah.
Je fais route sur l’Est dans un premier temps.
D’après les statistiques il vaudrait mieux descendre au sud pour
récupérer les vents d’Ouest. Pour une fois j’aurais raison de ne pas
suivre leurs sages conseils.
Les jours se suivent, et le vent fait le tour du
compas dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Un peu de
crachin de temps a autre, mais du vent juste comme il faut, pas plus de
6. Il n’y a pas d’horaires à bord, sauf pour les repas. Quelques
chalutiers en pêche croisent ma route (4 au total), mais c’est tout.
Tout le long du trajet les fulmars agrémentent le décor de leurs
acrobatiques vols planés. Les couches de soleil restent un spectacle
inoubliable dont on ne se lasse pas. En dehors des manoeuvres de voile
et de barre, je lis et prépare la croisière en Norvège. Un peu de
sommeil complète le tour du cadran.
8 jours plus tard a minuit j’approche de Reine,
situé sur le SO de l’archipel des Lofoten. L’arrivée avec les cimes à
contre jour du soleil de minuit donnent le ton sur la splendeur de la
cote Norvégienne. Malheureusement, l’appareil numérique fait des siennes
et je n’ai pas de photos à vous transmettre. |

"Champ
de lave" (7 juillet)

"Baleine en Islande"

"Rivière de souffre" (7 juillet)

"Solfatar" (7 juillet)

"Source
d'eau chaude" (7 juillet)

"Maison
typique" (14 juillet)
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